Genèse
 
On veut savoir, et comme si ça ne suffisait pas, on veut savoir ce que sont les choses. Le résultat net de cet entêtement, c'est qu'on comprend de moins en moins et qu'on est de plus en plus désabusé. Nous avons besoin de voir, avant que de prétendre savoir, et qui plus est, de voir ce que font les choses, avant de prétendre dire ce qu'elles sont.
 
    Dans la Genèse, qui fut pour plusieurs d'entre nous le mythe des origines appris aux genoux de la mère, il est raconté: «Dieu dit Terre / naissance à ce qui vit et respire / selon chaque espèce / La grosse et la petite bête / la bête sauvage / selon chaque espèce / C'est fait». (Traduction F. Boyer, J. L'Hour, éd. Bayard/Médiaspaul). La réalité est le produit d'une action. Plus loin: «Il les fait défiler devant l'adam / pour entendre le nom qu'il leur donne / Chaque être vivant reçoit son nom de l'adam / L'adam trouve des noms / à tous les animaux / aux oiseaux du ciel / à toutes les bêtes sauvages». Nous avons nommé les choses, et les ayant nommées, nous demandons ce que veulent dire ces noms, comme s'ils recouvraient le mystère d'un être, alors qu'ils visent l'évidence d'un faire.
 
    Il me semble que le mythe dit bien ce qu'il en est: ce qui créa l'univers le crée encore. Nous savons depuis Einstein que c'est énergie avant d'être matière, et que cela ne cesse d'être énergie même en étant matière, autrement dit que cela agit, se crée sous nos yeux et dans nos yeux. Ω
 
Une pensée
5 décembre 2004
 
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