Qu’est-ce que c’est que ce fourbi?
C’est vraiment n’importe quoi, et je l’assume. Car à moins que je me trompe fort, tout est n’importe quoi. J’admets dans ces pages un n’importe quoi que rien ne distingue, sinon que c’est le mien. Il faut bien partir de quelque chose et fixer quelque part une limite, circonscrire son champ, entre jardin et terrain vague.
J’atteins un âge où rien n’y fait que de reconnaître et d’admettre le désordre essentiel. Jeune, je ne voyais que la tâche inachevée. Mais cette tâche, c’est celle de l’enfant qui cherchait à vider la mer dans un trou qu’il avait fait dans le sable. Maintenant, je vois la mer et les dunes, je vois le ciel aussi, et je comprends que notre vie n’est que jeux d’enfants, parmi des immensités tumultueuses. Apprendrai-je enfin à jouer?
Allons jouer dans mon désordre.